Impossible de rappeler les épisodes précédents
qui sait suit ...
Dans le ventre de l'ours
La première, longue blonde de miel en mal dentaire
pragmatique & pugnace :
"- Oh hé ... y'a quelqu'un ?...
Sursaute la brune, mille lieues sous l'amer
plus fataliste quoique confiante, malgré tout :
- ... p'tain ! Avertis quand tu geins !
Ni/ni en trois, hibernée d'hivernation
rien ne sert jamais de paniquer :
- ZZZZZZZZZZZZZZZZZZzzzzzzzzzzzzzzzzzzz"
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le plantigrade, quant à lui, dort toujours
aussi
Par katia jaeger
24
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Résumé des seuls derniers épisodes précédents (vous n'avez qu'à suivre, aussi
!).
Voix off : "(...) Et que vit l'ours, quand, espiègles, elles lui
soulevèrent la paupière avec le bout pointu de leurs chaussons stalagmités ? UN SANDWICH !
des dindes de Noël sur un plateau d'algues, se dit l'Ours ça changera du traditionnel phoque farci...
et c'est ainsi que Ni/Ni, la Brune, la Blonde amorcèrent leur ultime glissade
sur le toboggan-oesophage du gargantuesque animal…"
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Spéléologie, nocturne résonne. Minuscules lampes à diodes s'agitent.
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La brune, dans l’intestin grêle, frontale acérée : - Mais qu’est ce que vous faites ? Vous en mettez un
temps !
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La blonde, baudrier ajusté, en rappel plus haut, dans le duodénum : - Ni/ni enfile ses
bottes…
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La brune : - Pourquoi elle les a enlevées ? ! Et, on a parcouru les soldes du cercle polaire pour lui
trouver des bottes faciles à enfiler, sans droite / ni gauche, ni devant / derrière !
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La blonde, attendrie, quoique tendue : - Oui, mais bon ... (dépit en
moue).
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Ni/ni dans le salon stomacal chantonne, prend le temps comme s'il était le sien.
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La blonde, s’agitant dans le vide, des fourmis plein les bottes, malaisée, vers la brune : - T’en es
où de tes calculs ?
-
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La brune : - L’animal a pour l’instant des flatulences toutes les deux minutes. Si mes calculs sont justes,
dans moins de quatre minutes, nous pourrions profiter du passage d’un bel étron. Et avec une poussée de pression à deux mille trois cents tonnes, nous passerions sans peine et ... projetées à
deux cents mètres de là.
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La blonde : - T'es certaine ?... S’il est constipé… ou s'il pète sans chier...
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La brune : - Bon ! tu vas pas commencer ! On doit s'tenir prêtes. Elle en est où l’Inuit
?
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Ni/ni, du fond de la caverne, encore en plaisance dans le boyau rose : - C'est bon, j’descends
!
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Ripant avec fracas sur la paroi, ni/ni se retrouve à massacrer, de ses bottes à pompons qui clignotent, le
fragile équilibre de la blonde ; une semelle sans droite / ni gauche, ni devant /derrière, explosant l'unique lampe à diode de rechange …
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Silence
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La brune : - Vous êtes prêtes ? Dans trente secondes, il va péter !
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De chœur, plus haut : - Prêtes !
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Le cœur battant, en cascade d'effroi, les trois se tiennent à présent serrées.
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L’animal gesticule, brasse, tourne et vire.
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Un vacarme surgit, puissant, délivrant un fort jus de gras qui macule aussitôt les trois grâces.
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Seuls les yeux luisent sous l’épais truc, dans l’âcre odeur qui leur coule dans les bronches.
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De son pied, la brune titille le sphincter du monstre / ça marche à tous les coups, sait-elle.
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Dans une déflagration assourdissante, l’ours se lâche.
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Puis
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très long silence
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assez long
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encore un peu
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Extérieur nuit : rien. Juste une trace de neige fondue à peine mouchetée.
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Intérieur ours : les trois soeurs sonnées, emmerdées, différemment suspendues …
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Pas beau à voir...
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Ni/ni, perchée plus haut, pulvérisée par la décharge explosive : - J’ai envie d'faire
caca...
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(de son insupportable petite voix sucrée...)
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La brune et la blonde, ensemble, du fond de l'antre, énervées d'un seul tenant : - Oh ! toi, ta g......
!
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En canon d'échos qui résonnent encore dans la grotte animale.
Par katia jaeger
18
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... Pendant que la belle brune dressait ingénument l’étamine en bourgeon dodu ;
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si bien que le pistil s’en trouva fort carmin, au bord de
l’éruption
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_____________________ tout en mâchouillant le zeste liquoreux
d’un malin citron,
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elle ne vit pas à quel point elle avait grimpé le jus bien au-dessus du zéro…
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et ... tandis que la blonde palpait le sort de son sextant affûté en magie blanche
-
l’œil humide
des éveillées en plein vent, larme de sel déchirant les glaces.
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Sourire, câline ,
tendre ferrée au corps, aiguë
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Ni/Ni s’aperçut qu'enfin
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elle avait négligemment fourré des oursins dans ses chaussons !
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Elle décapita d’un revers de canines ces espiègles touffes d'épines
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qui boursicotaient fort à forniquer en lui niquant les arpions.
Par katia jaeger
9
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Vendredi 28 novembre 2008
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" L’aurore balbutiait par pléthore :
des rouges, des bleues, des torves.
Le tout, dans une symphonie d’esthétiques / désordres.
Ni/ni se reposait d’une insalubre semaine essaimée tout azimut.
-
Elle avait mis gore partout.
-
La grande blonde steppique se tournant vers la belle brune des mers ;
-
- tu crois qu’elle crache encre.
- Je le crains, mais moins. Elle dort.
- Ca craint à s’étouffer le trèfle de lichen...
-
Ni/ni n’avait pas digéré les cinquante kilos de thons bravés en tempête, braisés sous moins trente.
-
Elle n’avait pas apprécié les cinquante mâles libérés sous Thor.
-
Elle aimait les ondes bleues que
forme l’aurore, et n’avait pas aimé ce qui s’était, ensuite,
-
manoeuvré au nom d’un dieu, de ses ordres.
-
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Ses deux soeurs, plus malines, vinrent, au matin du 30 novembre , délivrer la petite des filets marins par
l'énergie de leur vélocité.
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La belle brune brunit, la belle blonde blondit : elles lui sourirent et contre toute attente, cela suffit".
Par katia jaeger
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Mercredi 12 novembre 2008
La brune d’Égée rit
La blonde des neiges rêve
Ni/ni s’éternise, dort de trêve.
Nadjuk
Reine leur mère
Mors aux rennes
Les emporte en traîneau
À la naissance du jour ;
leur baptême
Un ours viril, de blanc manteau
veille,
les bourses riches de mousson
pleines de saisons
Nadjuk, belle de buée
à la proue, seule visible,
désirable aux hagards retardataires / à l'heure terrestre :
Aux trente absurdes d'être Midi
Romanesque
Elle
s’agite et tempête les
rennes,
son cargo ; ses filles, Terre Promise
Sent l’animal / en fait fi
Une bouchée
ses fées ...
Dresse vitesse et presse au vent
Mère qu’elle est
de ses merveilles des mers, des steppes et polaires
La bête darde et s’excite
se frotte aux lichens
S’en roule une salade...
glisse, s’emmêle, se vautre,
chavire, chute - finit nem
Répand sa mousson en moisson au végétal
Les filles perdurent au givre et filent plein Nord
aux prémices de l’astre.
La longue d’Égée rit encore
La grande de miel rumine et bourdonne
La petite au réveil, brassée
vomit dans sa toge
et dans les bottes de la miel,
et sur la robe dentelle de l'australe étoile
Tandis que leur mère les nargue d’un regard connivent
au passage, à l’axe de l’ours concupiscent.
Après l'aurore, viendra le soir,
mais tard
Bien plus tard
Au matin du Grand Nord
Par katia jaeger
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