Lundi 17 mars 2008
 


Courts-métrages de Judith Lesur
                   

à déguster pendant les Gourmandises de Vaise

mardi 25 mars à 12h30
                                   

à la Médiathèque de Vaise

                               

entrée libre


par katia jaeger publié dans : Iédit Lézourre
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Samedi 5 janvier 2008
Ode insolite à Elle, J.L

"À chercher l’écriture qui peine parfois à surgir,
la Paspadelle Iédit Lezourre se gratta – à 20h47 - le relief droit de sa jolie tête.
Il en sortit aussitôt un gloutix magnifica et son canin Sceptok à poil ras.
La Paspadelle accueillit ses hôtes par une sorte de sobre cérémonie, pas même surprise de cette visite couazi nocturne.

Il lui restait des pâtes au levain, quelques biscotes au sarrasin, du blanc de poulet, au tandoori venu du lointain, réchauffé trois fois depuis jeudi qu’elle leur offrit de bon coeur avec un verre de vain vin (la bouteille avait été sifflée, en apéritif, par un ami dépressif un soir dernier).
Les hôtes affamés, ripaillèrent comme des gorets.

puis....
le silence pesa lourdement, longtemps, si bien qu’ils sursautèrent violemment tous les trois quand on frappa à la porte. On aurait dit, avant cet événement, qu’ils s’étern-ennuyaient, s’inter-emmerdaient dru les uns aux autres, à attendre dans le flux pâteux de la langueur des choses de la vie qui fait, qu’à des moments, on se fait vraiment c.... On sait, on espère, que la solution viendra de la surprise, de l’Autre, de l’inconnu, de l’extérieur, de l’impromptu, de l’inattendu.
Du ce-qu’on-n’a-pas-prévu.
Forcément.

Et Iédit Lezourre, aussi profonde que les Sargasses, séditieusement sage d’une rare sagacité, elle sait fort bien ces choses-là.
La truffe du coyote en plein désert, elle connaît.

On toqua donc. Des fourmis encore plein les podes, une liasse d’eau fraîche dans le dos, le derme en paire de choules, Iédit Lézourre (qui n’a peur de rien et affronte les choses dans son armure bien cirée) se leva, glissa dans ses pantoufles roses à pompons (qu’elle ne porte jamais en société : trop la honte !) vers la porte d’entrée.
Mûe par une ferme intention de connaître qui viendrait enfin réchauffer ces heures en chien de faïence de cette sacrée soirée.

Elle ouvre.
L’enfant menue, blonde, s’excuse : « Me suis trompée de porte ?...», questionne-t-elle à peine, presque sûre d’avoir commis la grosse bêtise de la journée.

-    Ça dépend, lui répond-elle, devant l’enfant de moitié moins sa stature, en présence sur le seuil de palier englouti par un dégradé de noirs effrayants.

Il faut préciser que l’orientation de la lumière fait que l’ombre de Iédit L., immense, est comme un drap de goudron menaçant en ces heures édifiantes.


L’enfant a les yeux qui cuisent à feu vif dans un effroi de stupeur terrible.
L’ébullition porte au débordement.
Prise de torsions affectives et d’attendrissement face à cette fillette de chiffon, rose et blonde :
- Ben entre ! Ne reste pas là.
L’enfant s’avance dans la lumière et devient moins petitement pire qu’elle n’était dans les griffes des noirs dégradants, au seuil du néant. Elle se met à grandir en ce pas fait en avant.

-    Où sont tes parents ?

-    Ils savent que suis là, m’ont donné la permission.

Dans le salon de velours, en place des primes hôtes, le vide s’est abattu. Le gloutix magnifica stoîstic et son canin Sceptok à poil ras, repus de bonne ripaille, ont disparu. Laissant sur la table une imprégnation d’encre nette sur papier flou, imitant un test de Rorschach.

-    Oh ! s’écrit l’enfant. Ce dessin, c’est moi qui l’ai fait..... j’avais mis de l’encre ici et j’avais fait s’embrasser le papier sur la bouche... je m’en souviens.

En légende : seuil treuil feuille deuil, datée de l’année – janvier 1977 : de cet âge où l’on apprend ces espiègles subtilités entre oeil, euil, aîe, aille et ouille. L’âge des cailloux plein des genoux.
Et, une fine écriture - judith, pour signature.

La grande regarde la petite et lui tend ses bras de grand printemps.
L’enfant baille et murmure : « j’adore tes chaussons... ».

La petite dort, se repose, à présent."




20 février 2007
par katia jaeger publié dans : Iédit Lézourre
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