Etzivakibarum

Oum changa

1 Juillet 2013, 06:03am

 

 

 

 

La magie, le paranormal tel un pansement nécessaire sur l'incompréhension, sur ce qu'elle creuse et déborde de la fièvre des temps.  Fleurit un peu partout, chaque jour, la nécessité d'une croyance, son iconographie new-âge : certains s'amusent de ces mythologies médiévales entre le Bien et le Mal, la symbolique du diable l'emporte à la faveur de la fascination que son image a toujours exercée, à la ferveur de la noirceur qui humanise. Ils en font un merveilleux prétexte-matière à détournement érudit, drôle et généreux.

 

D'autres se prennent au sérieux, commercialisent et s'adressent à dessein à un tout autre public. S'incarnent, pour ainsi dire, en part lumineuse...

 

Il existe, oui, des mystères, des curiosités avérées, qu'un millénaire en expliquera l'arithmétique, un jour, peut-être.

En attendant, notre ignorance profite aux marchands de bizarre, aux négociants de mystique.

 

De nouveaux druides prennent la niche.

Par temps de crise, le doute est aisé et les réponses faciles.

 

Aucun des dieux n'est venu, et c'est bien triste.

Pas glop.


Alors, adressons-nous plus haut, à leur Créateur cosmogonique qui a fait d'eux des créatures bien éreintées. Faisons requête à l'étage au-dessus, à cette cosmologie intelligente, intuitive et décisive sur le sort de notre vie, par l'intermédiaire des dieux paresseux qui gèrent nos déterminismes.

Hé, Sait-on jamais qu'il y ait qu'On nous remarque et nous accueille dans le confort moderne qu'on estime digne à l'hospitalité de notre présence.

 

Faut essayer.

 

"Destin" revient, de plus en plus. Ça ne choque personne. Il y a quelque chose qui quelque part décide pour le chacun pour soi du chacun de nous tous, c'est comme ça. Et selon son humeur du jour, ce quelque chose peut faire de notre journée un enfer ou une merveilleuse providence marquée de troublantes coïncidences et de bienveillants hasards. Parce que ce jour-là, il nous aime bien. Et ça tombe bien.

 

Un truc que même c'est tellement fou, inouï, que ça peut pas s'écrire.

 

Ces charlatans font peur. Comme chacun de nous (sauf David Vincent) ils ne disposent d'aucun outil pour la "vérité". Ils s'adressent pourtant ainsi aux plus fragiles, aux plus abîmés, aux quémandeurs de magie en supplique de supporter les conséquences cyniques d'un monde qui va à toute vitesse, qui massacre les plus vulnérables dans sa centrifugeuse affolée (chômage, divorce, maladie, accidents de vie, deuil).

Leur cynisme se fait à l'aubaine d'autres cynismes.

 

Qui sont ces professionnels autoproclamés de l'espoir, d'un "éveil" alors que la réalité est bien différente et garde vigilant, étudiant, humble, réveillé ?

La douleur n'est pas un sortilège, celui qui souffre n'est pas un damné.


Prédicateurs effrayants avec leurs psaumes sur l'ouverture de l'Âme, de la Conscience et leurs véhicules d'hygiène douteuse d'accomplissement personnel. Ils n'accablent qu'à la soumission ou à la nécessité de performance (gourous d'entreprise), à la fermeture, au repli sur soi.

Fouillant des flux de frustration, aménageant les humeurs de l'aigreur ; l'humain est plus complexe que toutes ces recettes sur la faim et la famine.

Il est plus vite déçu que satisfait par ces auto-érotismes effrénés.

 

On lit un charabia d'astuces prélevées ci et là pour former des sentences, des citations hors contexte, des mantras qu'on dirait traduits par des exégètes ivres, qui nous arrivent sous forme de canular, de blague Carambar pour méthode Coué.

La sagesse bouddhiste est à la mode, tandis que les extrêmistes bouddhistes assassinent violemment, en ce moment même, les minorités (confessionnelles) en Birmanie. Le massacre est épouvantable, exercé par la barbarie elle bien humaine.

 

Le "Bidisme", ça fait profond et spirituel. C'est orange. Beau comme un coucher de soleil.

Le Bidisme, philosophie mystique qui - rappelons-le - méprise hautement les femmes (incubateurs, vouées à l'esclavage), à l'instar des dogmes militaires des trois religions monothéïstes, qui pillent utérus et territoires. Le Bidisme qui également exprime que ce sera "mieux après / pour les méritants" (une fois défuntés, de saints esprits s'occupent du tri, ensuite), qu'il faut ici, d'ores et déjà faire ses preuves par épreuves. Mériter.


Les meilleurs emporteront le Graal et les félicitations du Jury dans le palais orphique.

 

En apnée dans l'océan des chagrins coupables et du dolorosa existentiel, à peine a-t-il repris son souffle par l'air en surface, que l'Homme replonge dans les abîmes sous le poids impossible, hypothétique, d'un ordre divin (au assimilé), d'un fatum despotique. Et les druides d'en rajouter une couche, en tenant le double discours (et c'est là l'orfèvre de ces colonisations émotionnelles) qu'il est maître de sa vie (réussite, victoire) et cependant un truc immense en décide (s'il échoue, s'il perd).


Qu'il peut se tripoter le nombril (c'est même un facteur d'équilibre), en prenant soin de respecter le mode d'emploi Ikéa, il risque sinon (s'il s'emmêle dans la procédure et en oublie des phases) de réveiller Léviathan. A lui seul capable coupable du réveil du monstre.

 

Laissons aux mystères leurs parts de mystère. On sait bien qu'à vouloir tout 'comprendre', on s'est vite emparé du besoin de contrôler et que psychiquement nous ne savons pas encore bien faire : on a la force destructrice et l'entendement d'un enfant de deux ans. 

 

C'est médical en nous ; dès qu'on maîtrise, on explose tout.

 

Gourous de tous les pays, druides, bardes, médiums, ovates, chamans et télépathes,

unissez-vous.

Prenez-vous par la main et jetez-vous dans le vide.


Chiche que vous savez voler par lévitations galactiques.