Etzivakibarum

Homo consumeris

11 Mai 2012, 12:36pm

Publié par katia

L’art de séduire // Art et merchandising

 

Homo consumeris II

 

579514 10150842472570255 150787610254 12232414 1751640083 nLa ménagère de moins de cinquante ans, vieux fantasme des pubards, a vécu de 1947 à 1965. A l’aune de sa 51e année, elle s’est rapidement émancipée, acquittée de ses fourneaux.

Elle est sortie de chez elle, a appris à lire, à écrire, à penser, à décrire.

A voter.


Une sorte d’autonomie formidable.

Elle a même, dit-on, trouvé son clitoris. C'est dire le miracle.

 

Les faiseurs de pub font profession de réclame : « ce que réclame le client » et plus précisément la ménagère de moins de cinquante ans, désormais défunte (si l’on admet qu’elle soit née entre 1900 et 1915).

Mais, ils poursuivent à lui agiter le tablier.

 

Les mœurs ont changé, ne cessent de muter au sein même de leurs changements.

1/ Le consommateur décide, choisit, réfléchit, vérifie, se méfie. Acheter est son « acte politique d’engagement durable ». Il est athée, apolitique, hypersexe / unisexe, entre 18 et 99 ans. 

2/ L’individu advient et s’exige plus complexe, mieux unique.

Il n’a pas de culture généraliste mais spécialisée, accrue, perfectible et perfectionnée.

 

La séduction s’est érodée. Le prix de l’argent a sextuplé, le pouvoir d’achat s’est réduit aux décimaux.

La consommation à outrance s’est décimée, entre la virgule et le zéro.

 

A l’instar des hommes politiques, les marketers sont curieusement déconnectés de toute réalité contemporaine.

Ils vivent en statique et statistiques.

Ils n’appliquent et répliquent que des astuces éculées.

Ces microcosmes de gouvernance avèrent le chant du cygne de leur système. Aveux des deux ("désormais, on fait avec vous", "désormais nos produits sont sans poison"). Contradictions, confusions, arriérés de cynisme.

Mépris d’institution.

 

La Société change, à changé, s’échange, s’ouvre ailleurs, referme ses clichés.

Les intermédiaires se gomment. Les structures impériales (adjoint-d’adjoint-assistant-de-sous-chef-suppléant-de-remplaçant-associé-partiel-à-mi-temps, etc) s’effondre. La chaine de courtisans s’écroule en domino où hier elle dominait.

 

La masse populaire s’est emparée d’un incroyable outil : la démocratie directe.

Les espaces citoyens sont de plus en plus nombreux. L’expression est de mieux en mieux incarnée, répartie, séditieuse et contagieuse.

 

A l’émergence de ces volontés, d’autres mondes disparaissent.

L’art publicitaire, ses vérités escamotées sous calembours, agonisent. La consommation est entrée de nouvelles mœurs qui échappent aux experts, aux boursiers, aux régies, aux armateurs de société.

 

On n’achète plus comme on se sert, à l’aveugle.

On n’achète plus à l’opaque, un paquet à moitié plein, par moitié rempli de rien. ("On ne déconnomise plus").


On choisit le clair, la transparence. La frontalité.

Idéalement, ce devrait être la liste des ingrédients à l’avant-scène des linéaires.

Support responsable, information intelligible, préhension/compréhension.

On attend de l’industriel qu’il soit adulte et s’exprime correctement.

 

Foin de pack psychédélique destiné à la zone érogène de l’île aux plaisirs de notre mer limbique.

C’est le back, la coulisse qui compte.

Foin de faux-discours, la déception a eu cours, la frustration a eu lieu.

Le consommateur n’est pas le « con » (sic) des brain-storming publicitaires, qui méprisent leur sujet de la même façon qu’ils le méconnaissent : font de lui un captif, un pulsionnel, un émotionnel, ancré dans l’âge mental de son plaisir immédiat et ses désirs impérieux.

 

Les vraies questions de « l’individu de masse » sont bien différentes des certitudes. 

Pourquoi revendiquer ce qui devrait être la nécessité du bon sens : qualité, santé, etc ?

(Une évidence)

Pourquoi mentir à tricher en ressourçant l’appareil consumériste aux faux-semblants labellisés ?

Ou/et en repentirs fructueux et obscènes qui racontent finalement une sombre histoire d'alimentation criminelle, au préalable ?

 

Etranges comportements.

 

L’obsolescence des arts ménagers de la publicité est bel et bien consommée.