Etzivakibarum

écrire (et croire)

28 Novembre 2011, 12:00pm

Publié par Katia

Ecrire.

Pourtant je sais que l'usurpation a déjà eu lieu.

Celle qui emploie à l'écriture.

 

Que le lien qu'on émet entre l'encre et l'écrit s'est produit plus de mille fois.

Des millions de fois, merveilleusement parfois.

 

Entre en scène mon scepticisme.

Ecrire quoi ?

Gênée souvent par l'oeuvre impudique des réciteurs, qui trop cuite ne peut être crue.

 

Cette livraison perpétuelle d'émotives querelles où finalement l'Autre, Autrui, le Monde sont la somme de non-sens qui handicape le talent, pour exaucer la prothèse ; l'appareil prophétique de l'auteur.

 

J'ai rencontré à lire ces 'génies' : ils m'ont dégoûtée d'écrire.

 

La biosphère de leur talent était tombale, inique, mortifère. Pillant les flux, en massacrer l'énergie.

La merde, le sexe, le sang, je connais ce goût des fers.

J'y ai navigué, naguère, bien malgré moi.

 

Depuis l'âge de mes dents de lait, je prétends qu'en toute chose il s'agit de rencontrer son contraire.

Trop facile, aisé de se complaire. 

 

Ce qui m'intéresse, m'anime, ce sont les aromates qui poussent sur un arbre qu'on dit mort. La mousse sous un chêne. De veiller du crépuscule à l'aurore. J'aime le cloporte sous l'écorce, par son chemin agité d'être débusqué, qui mène à un tapis de girolles.

D'un tableau, par exemple, en aimer à peu près son "motif" ; ce qui m'émeut toujours, c'est son châssis.

Le support.

 

On supporte tout. Peu ou prou.

 

Même si paraissent paresses, même en l'usage de nos faux-selfs, nos faux elfes, nous sommes tous empreints de ce que nous sommes d'une somme adverse, nous restons vertébrés d'une vérité / pleins munis de tous nos sens, uniques, dans tous les sens.

 

L'oeuvre du vivant n'est pas autre qu'un espace de vie, fait de deuils / sans se défausser, ni s'abîmer de faux-semblants.

 

On ne maîtrise rien par mépris et par orgueil.

 

"Ecris"

me dit mon homme. "Tu fais du bien aux gens. Un seul suffit."