Etzivakibarum

coupé-collé

1 Octobre 2013, 09:25am

(...) Après "la grande boucherie" de la première guerre mondiale, les dadaïstes s'étaient amusés à déconstruire poétiquement la notion même d'information par voie de presse en proposant de découper tout celà en mille morceaux, comme y invite le célèbre texte de Tristan Tzara, pour faire un poème dadaïste (1920) :


 

"Prenez un journal.

Prenez des ciseaux.

Choisissez dans ce journal un article ayant la longueur que vous comptez donner à votre poème.

Découpez l'article.

Découpez ensuite avec soin chacun des mots qui forment cet article et mettez-les dans un sac.

Agitez doucement.

Sortez ensuite chaque coupure l'une après l'autre.

Copiez consciencieusement dans l'ordre où elles ont quitté le sac.

Le poème vous ressemblera.

Et vous voilà écrivain infiniment original et d'une assiduité charmante,

encore qu'incomprise du vulgaire !".

 

 

 

Extrait de Quand les images prennent position, l'Oeil de l'Histoire, 1

de Georges Didi-Huberman

Editions de Minuit, collection Paradoxe.


 

 

Quatrième

Dans un monde où les images prolifèrent en tous sens et où leurs valeurs d'usage nous laissent si souvent désorientés - entre la propagande la plus vulgaire et l'ésotérisme le plus inapprochable, entre une fonction d'écran et la possibilité même de déchirer cet écran -, il semble nécessaire de révisiter certaines pratiques où l'acte d'image a véritablement pu rimer avec l'activité critique et le travail de la pensée. On voudrait s'interroger, en somme, sur les conditions d'une possible politique de l'imagination. (...) G.D-H.