Erzavkabum

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"Au Japon, on ne dit pas l'amour, on le fait."

Publié par prépublication / katia sur 17 Mars 2013, 16:22pm

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Le dernier livre d'Agnès Giard "Les Histoires d’Amour au Japon, des mythes fondateurs aux fables contemporaines", est comme ses précédents ouvrages, nourri de sensualité érudite de la riche complexité culturelle de cette civilisation vieille de trois millénaires.


Par ici, d'Occident, alors que les femmes cherchent encore le sexe que le corps social et littéraire leur a dérobé, en se livrant nues, toutes crues au corps social et littéraire, on ouvre en ouvrant ce livre l'Orient discret au Soleil Levant d'un érotisme aux sources des sens, partagé, peu bavard puisque le désir fait l'intensité, l'organe n'est pas explicite, tout est immergé, l'urgence désertée.


L'érotique de l'érotisme, un art raffiné qui se passe de commentaire. 

 

 
Il est dit au Japon qu'au Commencement était non pas un, mais deux dieux - Izanagi l'homme et Izanami la femme – car dans ce pays qui pose une histoire de cœur au départ de tout, la seule chose importante c'est d'aller à la rencontre de l'autre. Que l'autre soit mâle, femelle, végétal, animal, dieu, étoile ou fantôme, peu importe. Aucun être ne peut s'accomplir sans avoir poursuivi, sur la trace des dieux, cette quête vers l'inconnu(e).

 

Dans la Genèse japonaise, donc, le monde est le résultat d'un acte d'amour entre deux êtres qui, préalablement, tournent autour d'un poteau pour mimer la première rencontre : « Oh quel beau jeune homme !», s'exclame Izanami en simulant la surprise. « Oh quelle belle jeune fille !», s'exclame Izanagi, qui lui renvoie l'image en miroir du coup de foudre...

Après quoi, les amoureux mythiques procèdent aux multiples étreintes qui donnent naissance à ce qui existe, y compris les êtres humains, tous issus de ce désir qui a porté la première femme vers le premier homme.

Le livre d'Agnès Giard recense les cent histoires d'amour les plus connues du Japon, décryptées et commentées par des artistes, des anthropologues ou des historiens. Au creux de la naissance du désir dans le nihon no kokoro : "le cœur du Japon".

 

 

 

 

"Au Japon, on ne dit pas l'amour, on le fait" Agnès Giard 

 

 

[Entre personnes adultes et mutuellement consentantes, va de soi] 


« Au Japon, il n’y a pas de tabou religieux concernant la sexualité : faire l’amour est considéré comme un acte sacré, qui participe de l’acte divin. C’est en faisant l’amour que les dieux ont créé le monde. En se laissant envahir par le désir, en se laissant emporter par le plaisir, par cette force motrice qui anime toutes choses sur Terre, les humains deviennent donc l’égal des dieux. Ils luttent contre les forces de la mort et de l’anéantissement. »

 

 

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