Mort-à-d'Elle épie pieusement, non sans fièvre, sa voisine Belle-à-Frire.
Et Belle-à-Frire n'a que faire des roses épineuses de son épris.
Elle pense qu'il est seul et qu'esseulé, se ferait bien une petite fricassée de canard à deux. Se canarder des yeux, une soirée.
Ce qu'elle accepta la semaine dernière pour égayer la solitude de son austère solitaire de voisin.
et jeudi soir,
Mort-à-d'Elle et Belle-à-Frire installés, attablés chez Jojo,
le vinatier du coin qui cuisine comme un chef palatin.
Les affres du coeur, Jojo en fait son affaire :
il proposera à la belle un plat de consistance et un plat de résistance à l'aspirant soupirant, inspiré d'espérance.
Celui qui finira le premier devra réaliser le voeu de l'autre, préalablement écrit - à secret va sans dire - et déposé dans l'urne des cendres de Papi
(celui de Jojo, défunt depuis les circonstances suspectes et néanmoins romanesques de son décès à l'aube de l'année mil-neuf-cent-soixante-quatorze / Une légende depuis - j'y reviendrai ...).
C'est ainsi
que Belle-à-Frire se retrouvera le dimanche suivant, l'après midi entier,
sous un soleil taquin,
sur le lac, entre les cygnes, les roseaux,
les algues gluantes et le saut des crapauds,
en compagnie de Mort-à-d'Elle
à faire du pédalo.
Par katia jaeger
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