Vendredi 9 mai 2008
Encore aujourd’hui, on me demande « mes parents ».

Je ne réponds rien aux curieux, aux gourmands, aux affamés.
Je souris. Polie.
Rien à rendre, rien à me prendre : rien à leur dire.

(Des cons au long cours, j'en ai rencontrés autrefois : assez, juste ce qu'il a fallu)

Je réponds aux autres, plus aimables, plus aimants :
« rien », « non », « pas », « plus ». Et « jamais » parfois.

Préférant ces négations au Néant de ce que ces « parents » ont laissé.
C’est plus juste, ça laisse à l’enfant qui a été sa liberté d’avoir aimé.

Ce qui a manqué construit autant que ce qui a été donné : ne laisser jamais personne prétendre le contraire : même si les marchands d’Ombres se liguent en industries pour  fabriquer des victimes à fort pourcentage de profitabilité.

Je pense à tous ces gosses... De demain, d'aujourd'hui, d'hier.
Et ce "truc" de la parentalité qu'ils n'ont pas forcément, ou peu, ou plus.

Non
Il n’est pas nécessaire d’avoir été heureux pour connaître le bonheur.
Il n’est pas obligatoire d’avoir été respecté pour savourer le bonheur.
Il n’est pas indispensable d’avoir été protégé pour respecter le bonheur.

Il n’est pas ... d’avoir été aimé, soigné, consolé pour aimer, vivre et respirer.

Un fil peut se rompre sans tout détricoter : un pull tient encore chaud même avec un trou.

L'histoire a connu des orphelins devenir de bons pères, de bonnes mamans.
De bons papas, de bonnes mères.
Des enfants oubliés, négligés devenir et s'avérer très soigneux.
Des gens calmes, sereins, drôles et vivants nés pourtant des cendres, du sang, des guerres, des cris.
Et de bons enfants bien aimés devenir de vrais tyrans.

Le vaste continent qu'est l'Homme reste à être découvert : au-delà des barques qu'on lui ancre et des drapeaux qu'on lui plante sur les bords de son immensité ; par habitude de l'invasion, de l'effraction, de la colonisation, de la fatalité.

Tout a valeur d'Être, d'Avoir Été : Tout.
Comment peut-on créer une vague "monnaie" d'appréciation sur une échelle chimérique, subjectivement marquée du Don au Manque pour en tirer des conclusions, : des raccourcis, des résumés ? et ?

Elles m'ont toujours sidérée ces ostentations un peu cuites, destinées à remplir un catalogue d'idées reçues à l'usage des faiseurs de sort, des adeptes de la "peine de vie", des praticiens de la malédiction à perpétuité, des pénalistes de la généalogie,
de l'identité.

Laissons à tous les enfants du monde l'espoir de croire en eux !
L'espoir de faire leurs rencontres, d'aller au-devant de leur vie.
De trouver leurs liens fondateurs.
De faire leur propre famille. De croire et de réaliser.
C'est la moindre des choses qu'on leur doit.


Ce qui a manqué construit  / peut-être même / un peu plus loin que ce qui a été donné
ai-je remarqué.






par katia jaeger publié dans : instant entre deux moments
ajouter un commentaire commentaires (3)    recommander

Commentaires

le vide m'attire autant pour le combler que pour y tomber, j'ai remarqué
commentaire n° : 1 posté par : nadyne le: 13/05/2008 12:48:56
Très beau texte... merci... on en trouve des perles en naviguant aux hasards de la toile. Hélas la plupart sont noir de la crasse stupidité de nos contemporains, mais ici elle brille et m'éblouit...
commentaire n° : 2 posté par : Tout-s (site web) le: 21/05/2008 11:21:16
Merci Tout-s : j'en ai plein le coeur, de l'émotion au bout des doigts en vous lisant.
Merci.
commentaire n° : 3 posté par : katia le: 21/05/2008 13:13:38

Présentation

Créer un Blog

Calendrier

Juillet 2008
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>

Derniers Commentaires

déposer un nom de domaine sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus