Un ange, l'un de mes amours, bien au chaud tout au fond de mon nid gardé, au secret de mes choses, dans le
ventre de ma mémoire de soeur, de mère, d'humaine. Dans ma carcasse de petite fille, de vieille aînée.
(Re)venue vers lui, à lui, à toi qui (re)venais à ma rencontre...
Un sentiment si doux, léger, profond. Libératoire / jubilatoire.
Tendre, intense.
La vie qui prend victoire de ce qu'elle est. Et c'est heureux qu'elle soit si belle.
Il me faut le temps pour trouver les mots pour lui écrire / t'écrire.
Je sais qu'il est / tu es là.
Je pense à lui / à vous tous.
Encore aujourd’hui, on me demande « mes parents ».
Je ne réponds rien aux curieux, aux gourmands, aux affamés.
Je souris. Polie.
Rien à rendre, rien à me prendre : rien à leur dire. (Des cons au long cours, j'en ai rencontrés autrefois : assez, juste ce qu'il a fallu)
Je réponds aux autres, plus aimables, plus aimants :
« rien », « non », « pas », « plus ». Et « jamais » parfois.
Préférant ces négations au Néant de ce que ces « parents » ont laissé.
C’est plus juste, ça laisse à l’enfant qui a été sa liberté d’avoir aimé.
Ce qui a manqué construit autant que ce qui a été donné : ne laisser jamais personne prétendre le contraire : même si les marchands d’Ombres se liguent en industries pour fabriquer des
victimes à fort pourcentage de profitabilité.
Je pense à tous ces gosses... De demain, d'aujourd'hui, d'hier.
Et ce "truc" de la parentalité qu'ils n'ont pas forcément, ou peu, ou plus.
Non
Il n’est pas nécessaire d’avoir été heureux pour connaître le bonheur.
Il n’est pas obligatoire d’avoir été respecté pour savourer le bonheur.
Il n’est pas indispensable d’avoir été protégé pour respecter le bonheur.
Il n’est pas ... d’avoir été aimé, soigné, consolé pour aimer, vivre et respirer. Un fil peut se rompre sans tout détricoter :
un pull tient encore chaud même avec un trou.
L'histoire a connu des orphelins devenir de bons pères, de bonnes mamans.
De bons papas, de bonnes mères.
Des enfants oubliés, négligés devenir et s'avérer très soigneux.
Des gens calmes, sereins, drôles et vivants nés pourtant des cendres, du sang, des guerres, des cris.
Et de bons enfants bien aimés devenir de vrais tyrans.
Levaste continent qu'est l'Homme reste à être découvert : au-delà des barques qu'on lui ancre et des drapeaux qu'on lui plante
sur les bords de son immensité ; par habitude de l'invasion, de l'effraction, de la colonisation, de la fatalité.
Tout a valeur d'Être, d'Avoir Été : Tout.
Comment peut-on créer une vague "monnaie" d'appréciation sur une échelle chimérique, subjectivement marquée du Don au Manque pour en tirer des conclusions, : des raccourcis, des résumés ? et ?
Elles m'ont toujours sidérée ces ostentations un peu cuites, destinées à remplir un catalogue d'idées reçues à l'usage des faiseurs de sort, des adeptes de la "peine de vie", des praticiens de la
malédiction à perpétuité, des pénalistes de la généalogie,de l'identité.
Laissons à tous les enfants du monde l'espoir de croire en eux !
L'espoir de faire leurs rencontres, d'aller au-devant de leur vie.
De trouver leurs liens fondateurs.
De faire leur propre famille. De croire et de réaliser.
C'est la moindre des choses qu'on leur doit.
Ce qui a manqué construit / peut-être même / un peu plus loin que ce qui a été donné
ai-je remarqué.
Derniers Commentaires