Etzivakibarum

où est passé Voltaire ?

10 Novembre 2015, 14:05pm

Publié par Katia Jaeger

El Anfani Abdallah est mort de faim. Etudiant, la précarité l’a emporté. C’est en France, où la misère ne cesse de croître alors que la vie pourrait être digne si les moyens étaient mieux partagés. On estime un pays, non sur sa volonté à flatter les puissants, à courtiser la Finance, n'importe qui peut le faire, mais sur sa capacité à entreprendre la difficulté, être moteur de progrès, notamment aider les plus fragiles. Sa capacité à faire en sorte que nul ne soit invisible, mais au contraire protégé. C’est de moins en moins le cas, les invisibles, jeunes, vieux, disparaissent. En silence. Ils n’ont droit à rien, leurs droits ne valent rien et la vie coûte son taux prohibitif d’être inaccessible. Même simplement se nourrir est parfois trop compliqué.
A nous qui oeuvrons, dit-on, pour le meilleur des meilleurs mondes, de ne pas collaborer avec cette facilité, ces cynismes où la précarité est devenue une solution, un « métier » (manne bénévole, sans échange de sens, de solidarité), une tranche d’âge fatalisée, une donnée statistique.

Il y a de vraies solutions, je pense (en vrac) au service que pourrait rendre la multinationale Total et consorts, si elle payait ses impôts, puisque l’argent peut servir une réalité sociale, une sorte de progrès humain (disons, qu'on ne connait pas encore d'autres devises que l'argent pour remèdes à certains grands maux). Ou d’autres dispositions solidaires et efficaces vers ces milliers de personnes dont le terme même de « précaires » ne signifie rien, ambigu, puisqu’il afflige celui qui subit la précarité.

C’est le système de pensée, l’Etat, cette Société délétère qui sont un flagrant délit de précarité.

La France, pauvre de ses faux riches, riche de ses vrais pauvres.