Etzivakibarum

New York

19 Août 2015, 16:13pm

De retour de Big Apple.

Tant à dire, écrire, décrire. Tellement.

Tout se lit, se sent, de la mer à Harlem, de Central Park à Brooklyn. Les rues, les édifices, les boulons, les cuivres, les structures, les perspectives, les odeurs, la lumière, la chaleur, la musique, Seventies, les couleurs, les rires. Les gens, surtout. Les gens.

On a aimé être dans ce ventre grouillant, bouillant de vie. La jeunesse, vibrante, partout jusqu'aux vieux. La vie est compliquée, difficile, la joie de vivre n'en est que plus obstinée.

 

Périple à New York

[Déjà en vrac, de la tête aux mots, premières impressions]

- je corrigerai et mettrai davantage de détails plus tard – Nous n’avons pas eu le temps d’être vraiment touristes (d'ailleurs une partie des lieux cités dans les guides sont plutôt décevants. Le superficiel quartier de Meatpacking District [y admirer cependant la structure de la grande halle] ou encore le très beau MoMA* et le majestueux Guggenheim où les riches oeuvres (*un certain nombre de copies : ce qui aurait certainement amusé A.Warhol) ne sont ni mises en résonance, ni valorisées par une scénographie lumière. Juste accrochées, posées).

Avons exploré, exploré et encore exploré. Dix heures de marche par jour. 4 000 photos.

 

Dès le premier pied posé à terre, la première brassée d’air, on arrive là, immergé. Les bruits, les odeurs, la musique, les rires, les sourires et cette tranquillité assumée en fluidité, l’énergie de mégalopole mais sans agressivité sidère positivement les sens et la liberté d’être, l’aisance du mouvement. La chaleur, écrasante. New York est une très grande urbaine, balnéaire, de même latitude que Madrid ou Ankara. Pas d’air frais en extérieur, sauf sur les rivages et sur les hauteurs des nombreux Hills (Brooklyn, Harlem, etc).

Sauf Manhattan, très Gotham City, la plupart des édifices sont d’architecture très Dutchy (maisons de boroughs, les nombreux castles, temples et églises) sont édifiés en brownstone (grès rouge, si particulier, chaud et sensuel et qui a donné son nom à l’alignement majestueux de maisons que l’on connaît). Le contraste de ce beau rouge et de la nature verdoyante (omniprésente) sous la luminosité littorale est magnifique. Comme le sont d'ailleurs les couchers de soleil.

On sent la présence de plusieurs générations d’Hollandais venues là s’installer, bâtir et s’inventer une nouvelle vie depuis le XVIIe siècle et plus particulièrement Anglo-Saxonne marquée au XIXe siècle. Jusqu'à la présence des nombreux Delicatessen aux lointaines saveurs des charcuteries, viennoiseries et des condiments de la vieille Europe.

 

La joie inspire New York, et particulièrement Brooklyn. Pourtant les gens ont des vies très compliquées, difficiles, vraiment hard, beaucoup ont deux-trois boulots, aucune protection sociale, le courage au bout des bras et l’entêtement au fond de l’âme. Personne ne maugrée ou fait peser le poids de sa vie ; ça étonne et détonne. On vit en soi, dans son cœur de France, la fatigue presque paresseuse de son vieux continent, qui parle trop de lui, se plaint et se replie en nostalgies aussi chimériques que dérisoires et c'est dommage. L’instant présent est vécu, là-bas, à New York City. Tout peut basculer d’une heure à l’autre (travail, logement, santé, etc), profiter de l’instant. Vivre, maintenant.

 

Nous avons été touchés par cette ville. Les 4000 photos en témoignent. Affiner une hiérarchie, un découpage : les structures, les couleurs, les sensations, les couleurs, les sons, les saveurs, les mécaniques, les flux, les sites, etc. Les gens ! Les portraits de famille sont incroyables, variés, riches et un bel écrin de Babel.
Mais, plus tard (nous accusons encore un peu le coup, même si le décalage n’est pas si important - 6 heures-, il vibre et sonne, avec un passage presque métallique en corps et en bouche toutes les trois/quatre heures. Etourdis de tout et n’avons que si peu dormi, aussi, en presque 3 semaines).

 

C'est une ville de jeunesse permanente. Notre adolescent a adoré cette ville, beaucoup, au point de s’y être très vite familiarisé. A l’aise avec la musicalité de la langue, les circulations, les lieux, les relations. Il a un contact doux et calme avec les événements et il s’y est baigné naturellement. Sensible, observateur, il sait où ça commence et quelles en sont les limites, aussi, de cette brasse-culture, cette ampleur sonore, multicolore, ce grand patchwork melting-pot, joyeusement enjoy, mais son enchantement n’en est que plus fort qu'il est incrédule.

Les New-Yorkais ne sont pas hargneux, méchants, hostiles. Tranquilles.

Aucune incivilité. Pas une. Pas une seule rencontrée. Même les grands costauds Gangsta Rap Fantasy, nappés d'or, sertis de chaînes, au slip.çon à carreaux, le pantalon baissé aux genoux (Yo!), le soir dans le métro ou à Harlem au bout d'un bullmastiff, que l'imagerie accable, sont adorables. Ils abordaient spontanément notre adolescent de fils (de grande stature, mais qui n'a que quatorze ans) avec sympathie et connivence.

 

La musique est omniprésente. Beaucoup de Soul, Motown, les Seventies servent encore la cadence du grand pouls. Rap et Hip-Hop, également, d’héritage roots et groove. Une riche culture du son et des références Jazz. Un son pur et fort, les basses prennent au corps. On danse. Seul ou ensemble, on danse.

La jeunesse est ce qui frappe et séduit. Elle est émerveillée, enjouée et cash, même les centenaires sont jeunes, dansent et s’amusent sur les parvis habillés de rose, du Borsalino aux chaussettes. Les liens sont directs, sans courtoisie précautionneuse, comme sont les enfants dans une cour de récré.
Ce sont des enfants, sans biais ni susceptibilité. J'aime beaucoup cette franchise.

Les psychologies et émotions n'ont pas les mêmes échelles que les nôtres, la définition des tabous et fausses pudeurs est différente. Le peuple New Yorkais est fier (très), mais pas prétentieux. Il porte le cul, le fric et Dieu sans complexe. Il rit au troisième degré, humour qu'il comprend d'emblée. Il ne se voue pas une admiration autoritaire. Même s'il aime s'aimer et ça n'a rien de niais, de tyrannique, de mégalomytheux. Tout est Work in Progress, perfectible. L'auto-dérision exprime que rien n'est acquit/acquis. Ces liens forts et simples à la vie procurent un bien-être inouï ; le temps d'un séjour.

 

C'est un pays jeune fait d'un brassage de cultures millénaires et de changements de mentalités récents. La spontanéité est notamment intéressante dans les comportements, mais aussi dans la créativité et la maîtrise d'oeuvre technique ; en architecture, en graphisme, en art, en littérature, mode, musique, scénographie, .... La rencontre des autres, le faire ensemble, avec l'expertise de chacun, forment le mouvement et l'expérience. Pas de sentiment rural ou provincial, fondé de racines séculaires préservées dans la nostalgie d'une quête d'authentique, repliée et possessive et cependant mercantile. Les créations sont perfectionnistes, tangibles, solides, structurées, d'ensemble et assemblées. Le passé est là, sans indifférence à/de la modernité. La "tradition", le "terroir", le "hand/home-mading", "natural products", etc, ne sont pas fashionnables (ça sonne faux, sinon). Ils sont l'évidence d'un héritage, non d'un "culte" de rétro-marketing.

 

La prédation masculine vers le corps des femmes est absente, d’ailleurs signalée partout comme une aberration de comportement, à signaler*, même, si un moindre harassement embarrasse par geste, allusion ou insistance… Les femmes s’habillent comme elles le souhaitent, sont très à l’aise dans leur corps. Ce qui change des pays latino-méditerranéens où une femme est vite « agent provocateur » dès lors qu’elle montre sa peau ou ses formes ; qu’elle respire et fonctionne.

Le féminin ne semble pas être l'inadvertance biblique, lapsus ontologique, l'immonde Succube à l'Incube, sinon, si son ventre n'est pas rond. Le féminin s'incarne par la femme qui occupe sa place pleine et entière, non de moitié d'humanité, mais de moitié de l'Humanité. Seule mandatée&dépositaire de sa science, sa biologie. Une femme est femme avant d'être / tout en étant mère et s'exprime ainsi ; elle n'est ni une dénégation,  pas une enfant qui porte le fruit apporté par un ange, ni le relai maternel de devenir la mère de son mari/compagnon, devenu l'aîné de ses enfants. (M'a-t-il semblé).
[Mais, nous n'avons pas fréquenté de Conservateurs].

 

* La délation est aussi ce qui choque ; les prédateurs sexuels (sachant qu'un gentil garçon, juste épaté par sa nature- ça existe-, sans aucune intention de consommer, ni sur place, ni à emporter, juste tout content de lui et dire à une fille qu'elle lui plaît -ça peut arriver-, sans lui imposer la visite guidée de son circuit touristique, peut être suspect d'être un gros sale à dénoncer : probable), également l’immigration clandestine, les sans-abri semblent soupçonnés de crime/délit, même si la réalité de leur existence fait que l'on suppose qu'ils ont tout quitté pour une vie meilleure ou que tout d'une meilleure vie les a quitté. Et peut être d'autres états/conditions, comportements possibles/passibles d'être dénoncés anonymement. Nous n’avons vu que très peu de sans-abri (et ces quelques-uns, oubliés, très abîmés), on suppose qu’ils sont déportés ailleurs…

 

[Beaucoup de Safe Control : on en ignore le véritable prix, humain...]

 

La lutte (très) radicale contre la criminalité, ses définitions..., et ce truc étrange du rejet de la véritable précarité humaine, peu d’empathie pour les grands blessés de la vie. Cela vient peut-être du fait que la vie de la moyenne des gens est concrètement très difficile à New York et chacun peut très vite basculer vers l'ultime détresse. Ce miroir de l’extrême semble vraiment les effrayer jusqu’au rejet, comme l’hypothèse d’un « possible » à éviter, à conjurer. L'assistance d'Etat (soins, santé publique, notamment) n'existe pas et les très fragiles paient cher de leur vie. La grande dureté du chacun pour soi.

 

« Dieu » et « Jésus » sont présents partout (essentiellement Evangélistes). Edifices, Loi, prédicateurs de rue, messages, pancartes, comme si ces entités « divines » étaient leur beau-frère, une parenté immédiate de tous et chacun. Ils évoquent cette superstition religieuse avec une très grande familiarité, comme s’ils avaient rencontré Dieu hier soir et déjeuner avec Jésus tout à l’heure… Cette enfance-là est aussi très prégnante et sans doute explique-t-elle en partie que beaucoup de gens restent relativement résignés, accrochés à des croyances, à des formes de fatalité, des « vérités fatalistes ». Un imaginaire plus réel que la vie de la jeune fille, bébé en poudre, méga-dosée sur un banc ou ce moribond qui s'éteint dans un coin que personne ne regarde.

Il y a aussi quelque chose de très archaïque, probablement en raison de ces croyances, jusqu'aux violences concrètes qu'elles établissent, tels que l'indifférence et le rejet.

C'est très curieux, mais passionnant sur la complexité de la nature humaine, de s'immerger dans une culture si chaleureuse et amicale qui peut aussi porter sans paradoxe la cruauté d'un petit enfant.

Une courte pause au WTC. Impressionnés par l'ouvrage des mausolées/fontaines en marbre noir, en place des deux tours, (trou dans le trou, au contraire de reboucher) et cascade d'eau en souffle infini. Les noms des disparus sobrement gravés sur un ruban de métal tout autour. Et les nombreux visiteurs à faire des selfies devant le monument et à bouffer leur sandwich sur le ruban des noms. [C'est ça que je ne comprendrai jamais : sans doute que beaucoup de ces visiteurs sont "croyants", mais pas de silence, pas de pudeur, de réserve, de tendresse. Rien. Mais c'est partout pareil, ici ou ailleurs.
En admettant qu'il existe, leur Dieu, sommes-nous capables, Hommes, qu'Il puisse croire en nous ?... Je comprends sa déprime. Faut une sacrée exigence et discipline de soi pour se permettre de Croire. Et ça n'a jamais encore rendu meilleur.
C'est pas gagné].
Bref.
Partis, gênés, mal à l'aise.

On sent dans certains quartiers (Haïtien, Jamaïcain) les vibrations vaudous, une belle tension mystique, même si l’on n’est pas croyant (peut-être à plus forte raison de ne pas l’être, d’ailleurs : profane à/en tout, mieux sensitif), on ressent physiquement un fort courant gagnant, improviste, déstabilisant.

 

La visibilité du « faith-branding » aperçue à New-York aura longtemps en moi cette éloquence photogénique. La force imagée d'un signe.
Quatre Hassidim traversant un passage piéton tels les Beatles.
Un homme en short à Times Square et sa pancarte « Jesus loves you, redempt / accept » entre un cow-boy en slip et une femme aux seins nus.
La seule femme intégralement voilée assise au pied d’un squelette de mégalosaure dans le Musée d’Histoire Naturelle.
Quelques Krishna, sourire miel à tendre une amulette en échange de quelques billets.
Je ne les ai pas photographiés, par respect.
Mais je remercie la tendresse qu’ils provoquent dans l’habitacle de leurs habitudes en pleine foulitude. Et leur leur incroyable graphie, solitaire, au sein de mille ruptures.

Ce taquin se cache vraiment dans les détails...

 

Fief démocrate, on sent aussi la marche des Droits Civiques. Blacks (dont c'est cette année le 50e anniversaire, seulement...), féministes, queer, transexuels, gays, lesbiennes, mixed couples vont sans subir la contrainte du jugement des réac. et autres travers de pervers. L’amour, le désir n'ont n’a pas de genre ni de sexe, universels. Les minorités oeuvrent continuellement à la marche sans relâche des Droits Universels, et sans être revendiquée, cette énergie est très palpable, assumée, à New York. L'existence et ses droits d'être sont de tous, pour chacun. Le respect et la liberté individuelle sont évidents, culturellement présents, au-delà de la tolérance ; acquis réciproquement.

 

Chaque quartier porte une histoire, son histoire. Brooklyn, Harlem, Bronx, Queens sont des villages de villages culturels, très communautaires, et cependant solidaires entre eux où les fêtes et les rassemblements fondent l'esprit des lieux par les liens. Une grande fraternité semble y régner. J’ai particulièrement aimé les gens : les Blacks et Latino-américains, Indiens d'Asie, Pakistanais, Russes, Italiens, Chinois, etc. Silencieux, à exercer la vie éreintante des mille petits boulots, émue de lire l’histoire de leur fatigue, des origines, de probables débrouilles et autres nécessités d’inventivité pour survivre dans cette existence misérable et pourtant ce sont eux qui font New-York depuis ses origines. Les bâtisseurs, les serveurs, les nettoyeurs, les nourriciers, les gardiens, les veilleurs. Les 7/7.24/24.
Je pensais rencontrer des indiens d’Amérique, originaires, imaginant les réserves terminées… Les croiser mêlés aux multi-visages de Big Apple : ce territoire est le vieux leur et ils ont aidé à bâtir, forcés aux forceps. Cette absence m’a marquée, leur présence manquée. (Peut-être en ai-je croisé, mais leur beauté spectaculaire, si particulière ne m'aura pas magnétisée).

Parfois, j'ai admiré de très belles natures.
Parfois sublimes comme des statues. Les français, sans être beaux, restent toutefois un peuple assez mignon (un peu plus joli, je trouve).

 

La nourriture est saturée d'hormones. Ce n'est pas une légende, je l'ai vécu. Au détail d'une confidence, des poils longs comme des cheveux me sont poussés (je ne dirais pas où. Non, pas là où tu penses, c'est trop facile. Chewbaka a préféré un autre endroit : c'est plus drôle), et fort à croire que les américaines s'épilent au sabre laser toutes les heures ! Les coquilles d'oeufs sont blanches et les aliments maintiennent l'enfance dans leur préférence sucrée.

 

Manhattan est très graphique, incroyable bâtie, serrée en quartiers, façonnée au chausse-pied. Tout bienfaiteur, donateur, mécène est honoré par une plaque. Vaste memo et memento à chaque détour de rue. Architectures mythiques, passerelles permanentes avec la mythologie relayée dans les movies et la littérature. La musicalité urbaine s’arrange de sirènes, de loud sounds, des machineries continuelles des climatisations. Un rythme aussi assourdissant que sensuel. Les avions et les hélicoptères rasent la ville, les bateaux et les taxis forment le ballet d’une danse incessante, les voitures s’arrêtent puis reprennent en discipline. Tout semble s’arranger sans excès, ni effort. Easy.

 

Les gens sont propres, ils ne sentent pas mauvais / ni par heures cumulées, ni par hygiène négligée. De condition modeste ou aisée, la population sent le savon, tôt le matin et tard le soir. Propres jusqu’aux ongles. Le capital santé, précieux, est communément sérieux.

Les rues, les espaces aériens et souterrains ne sentent pas la pisse comme à Lyon, Paris ou Marseille. Ca sent le chaud, les épices, l'acier, la poussière mais pas l'ammoniaque, ni l'urée.

 

Le métro est un espace documentaire, remarquable à fréquenter. On y lit toute la construction (l’architecture est partout, du sous-sol au gratte-ciels, très « mécano », les structures sont essentiellement métalliques, assemblées de façon ingénieuse pour durer dans le temps). Son atmosphère moite et étouffante est une plongée dans un état second qui permet aussi de comprendre la psychologie de cette ville. Si la courtoisie à la française n’existe pas, le respect est spontané (« xcuse-me » si l’on se frôle un cil). On se sourit dans le métro et si on laisse s’échapper un détail d'être étranger, toujours quelqu’un pour nous aider bien avant même qu’on ait eu l’idée du besoin de demander. De nombreuses stations se nomment de la même façon (être attentif), mais le circuit est facile et bien renseigné (même si lors de nos deux WE les lignes ont été reroutées). Grands circuits de lignes avec options « local » et « express ».

Quelque chose d’une vétusté attachante et beaucoup de petits métiers comme en France au début du XXe siècle. La gestion de l’eau, par exemple : les plombiers (comme les pompiers) sont vénérables. On croise constamment l’équivalent des chiffonniers (récupérateurs de bouteilles, de plastiques, etc, pour le recyclage). Beaucoup de personnes âgées exercent des petits boulots de récupération. La ville a véritablement été pensée et bâtie pour durer. Les ouvrages sont très anciens, souvent sublimes. Abîmée à de nombreux endroits, elle résiste, malgré le temps, les vibrations, la pollution, l'air marin, etc. La ville se débrouille de rustines.

 

La vie s'arrête dès l'instant de la mort. La retraite n'existe pas, le lendemain se sent fondé du matin à l'heure ouvrieuse, dès son aube industrieuse...
L'instinct de vie est très fort.

« Rien n’est impossible », ne cède au dépit, bien malgré tout. Ils sont assez fatalistes ; leurs croyances expriment que le destin choisit, mais c’est gai. La joie de vivre est ce qu’ils aiment vraiment partager.

L’absence de protections d’Etat marque, en général, la grande présence de l’entraide et du volontariat (même sur Manhattan). On croise, le week-end, des groupes entiers de volontaires vers les personnes fragiles, âgées, les enfants, pour l’entretien des parcs, des quartiers, des plages, de la mer, etc. Les rues sont très propres, pas de déchets par terre, chacun est conscient que ce respect ne coûte pas d’effort et offre un agrément des plus serein et d’évidence partagé par et pour tous.

 

Ville toujours en activité, il y a toujours un endroit où s’asseoir au moment où on le souhaite. A l’ombre, dans un parc, sur l’une des nombreuses terrasses gratuites en plein Manhattan, une fontaine où s’abreuver. Il fait très chaud l’été et tout est pensé pour s'hydrater. Les flux de circulations et de stations sont incroyablement pensés. On n’a pas même le temps de patienter.

 

C'est une ville où l'on tombe et retombe amoureux. Les émotions, les sensations sont à cru, déshabituées, dépaysées. On frôle chacun de plaire à d'autres, reversement, et l'on ancre sa passion de vingt ans dans un empire des sens fascinant, entre volupté et duvet de fatigue des décalages. Un énième rhizome de nous est né là-bas.

Les Seventies aidant à nos formes d'éternité Frankie Valli & 4 Seasons

 

[...]

Nous avons adoré Brooklyn. J'y reviendrai. Plus et mieux.

Comme je reviendrai, plus tard, sur les rues, les avenues, les ruelles, les ambiances, les cigales, les écureuils, les artistes, les musées, les galeries, les parcs et jardins, etc... Et les gens !