Dimanche 9 mars 2008
L'envie d'écrire sur mon frère, Frantz, après près de quatre ans de silence intensif, abrasif, corrosif.

Merci ma Ju, d'avoir encore, de mon hameçon perdu en flotaison compris la mesure d'un diapason...

J'en suis, depuis tes quelques mots, en plein mouvement de vie (lui donner encore le jour) : la première fois depuis longtemps, la première depuis sa mort.

Merci encore !
Ses beaux grands yeux de pacifique, sa brillance, son humanité intacte, son charisme d'ours sage ne peuvent pas s'éteindre ainsi en l'espace d'un grand chagrin, dans l'immensité d'un long silence....

Il me voulait écrire...
Revenir à ces choses du verbe, ces sens du mot.

Il a vécu d'être encore ici, il s'est tué pour exister infiniment !
Il m'en savait gré...

J'y reviens, ainsi, depuis peu.
Merci !...
par katia jaeger publié dans : Poésie
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Lundi 3 mars 2008
Franz Bartelt
... par lui-même


"1959 -
Dernière d’une série d’années formidables où il ne s’est rien passé, mais dont il y aurait beaucoup à dire si la vacuité représentait le moindre intérêt autobiographique.

1960 - Début d’une longue période de calme plat, entrecoupée de crises de quiétude intense.

1968 (mai) - J’ai failli être dérangé. Finalement, la révolution s’arrête à cinquante kilomètres de chez moi. À tout hasard, j’avais mis de la bière au frais pour accueillir les libérateurs.

1983 -
Les choses de la vie suivent leur cours paisiblement, dans le respect de l’ordre naturel des saisons et du rythme officiel de l’horloge parlante.
Désormais, la télécommande m’épargne des allers et retours du fauteuil au poste de télé, ce qui jusqu’ici contrariait mes efforts de perfectionnement de l’inactivité philosophale.

1991 –
Grande année d’immobilité.

2000 – Le passage d’un millénaire à l’autre s’effectue sans incident. Comme tous les ans, je note dans mon journal intime : « RAS ».

2002 – Suite au décès inopiné d’un animateur du téléachat hongrois, le doute existentiel m’effleure, brièvement. Mais, estimant que l’alerte a été chaude, je décide de prendre une année sabbatique pour méditer à rien. Cette prise de conscience est salutaire.

2008 (janvier) – Je mets la dernière main, et la dernière date, à la seule autobiographie qu’un semblant d’impudeur m’autorise en temps de paix".




Franz Bartelt, auteur :
"Le jardin du bossu"
"Le grand bercail"
"Les bottes rouges"
"Les fiancés du paradis"
"La belle maison"
"Les noeuds"


Également auteur de nombreuses pièces de théâtre.

par katia jaeger publié dans : magie
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Lundi 28 janvier 2008

si c'est possible ...

On devrait rire de soi
au moins deux fois par jour :

comme la cure préventive d'une prescription à vie.



par katia jaeger publié dans : recettes
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Mercredi 23 janvier 2008
elle
paspadelle
rencontreinouïe
lienspleinstoujoursdepuis
amiesoeuralteregocoeurtêteàtête
ensemblesecretsenfancerire&silences
mémoiregrimoireécritoirerêvesparthénogénèse
nietzschearistoteimrekertészpinardbierre&tartiflette
vécudéjàtantombilicfilmonamiefidèlecavalièresansétrier
mai&juinmêmeannéedépartparticulesintensesparticulières
leriredesbrasseusesd'Anverspuisrésidencesingulièreirréelle
filedroitdanslabrumedupremierjourécriturebelleforce&beautérebelle
têtuefrondeusevivanteémuebelleblondesauvagesacrécaractèrehumaine



Et tout pareil à l'envers !
par katia jaeger publié dans : magie
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Mardi 22 janvier 2008

... noirebelleviverebellebelleencoregraveloinprochesiprès
fleurschampchantdéchanterechanterougesangvivante
inventivegrâcecrismurmureshurlements&silence
noirerebellevivemoirecaressededanslointaine
secrètepudiquepleineforce&puissance
résonnelanguevieairfluxeauetsang
raisonneombrespeauetlumières
motslissesécaillesd'écueils
montsetmerveilles
conscience
humaine
rare
elle




et l'inverse aussi !





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Mardi 22 janvier 2008

quêtes
&
trouvailles

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Lundi 21 janvier 2008






humour
amour






par katia jaeger publié dans : recettes
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Vendredi 18 janvier 2008

Merci Xavier pour ton accord !
(oeuvre protégée)







pudeur-20color-C3-A9e.jpgBourgois Sutherland2006
Photo: Xavier Bourgois pour B&S Pictures
Pudeur colorée - Grange Blanche - Lyon - 2006





Il regarde
avec égard, tendresse et respect

Il est vif
d'une douceur inouïe

toujours avec esprit





et le book de l'ami

www.bourgois-sutherland.book.fr










par katia jaeger publié dans : magie
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Mercredi 16 janvier 2008
Non loin

-    Quelqu’un vient, dit Didascalie.

-    Qui ? demande Diogène.

-    L’homme que tu attends, répond Thirésias.

Les sept corps tragiques se serrent les uns contre les autres, dans un silence d’effroi, de quête et d’espoir, aussi. L’Autre, l'étranger : une délivrance possible.

Les pas se rapprochent, le souffle de l’étranger se fait plus familier.

-    Il est tout près....,  chuchote la petite.

Les coeurs s’agitent follement dans les corps immobiles.
L’homme hirsute apparaît sous la pâle flamme du feu. Tous le voient. Il aperçoit quelques étoiles qui brillent à le fixer, si bas, dans l’obscurité.

-    Y’a quelqu’un ? questionne Adrar.

Silence

-    Y’a-t-il quelqu’un ? répète-t-il.

Didascalie se lève, ouvre ses bras à l’inviter : prendre place avec eux au pied du feu.

-    Je me nomme Adrar...

Silence


-    Adrar n’est pas un homme, c’est un désert ! dit Diogène, péremptoire, sans même le regarder.

Tous dévisagent l’étranger.

-    Tu es Abel, le frère de ton frère, soupire Thirésias.

-    Je suis Adrar. Un désert peut donner naissance à un homme, réplique l’étranger.

L’enfant s’avance vers l’homme :

-    Tu es Abel, le berger, le fils d’Adam. Je le sais.

Adrar ne comprend rien. Il prend le morceau de viande que lui tend Hécate.
Il mange lentement en silence.
Il ne se souvient de rien, il se demande si tout ceci –absurde, est bien nécessaire...

Prendre soin de l’Homme.
Tandis qu’Hécate lui caresse le dos de la main, l’enfant s’assied près de lui :

-    (soupir d’un courage à rassembler) : Il y a très longtemps, quatre mages sont venus. Ils ne savaient ni lire, ni écrire et ne savaient ni entendre, ni écouter. Ils avaient volé la Parole du Vent. Menaçants, ils m’ont demandé d’écrire exactement tout ce qu’ils me dictaient. De traduire, de mentir.

-    Quels étaient ces mots, qu’ils t’ont obligée à écrire ?

-    Une Malédiction : des mots commis de mauvaise diction sans savoir ce qu’ils veulent dire : tout n’était que misère et désolation. La honte d’une faute à porter, plus lourde que les effroyables portes d’un Enfer qu’ils décrivaient...

-   Et la Parole du Vent ?

-    C’étaient des verbes, c’était un chant.

-    Qu’est devenu ce que tu as compris ?

-    Dans les ourlets de manteau. Regarde : ici j’ai les reliques et les restes, et là tous les Verbes que le vent m’a confiés. J’ai tout gardé, sans rien dire.

-    C’était quand, tout ça : tu te rappelles ?

-    Il y a longtemps, je t’ai dit. Juste avant la naissance des Origines, le premier homme allait bientôt sortir du ventre d’une femme.      
Il fallait se dépêcher. Disperser d’Est en Ouest, du Nord au Sud, les cris et la colère dans la Parole du Vent, hurlaient les déments. Ils complotaient l’invention d’une créature pour que cet homme naisse du désordre, d’un viol. Faire de lui un clandestin, un réfugié, un déporté. Un apatride, un exilé.
Un orphelin.

Thirésias s’approche :

-    L’homme n’a pas le deuil de lui-même à porter. Tout commence par une naissance, par la lumière.
Pas d’un cimetière.

-    Je comprends mieux, dit l’homme.

-    Tu viens d’un désert qu’ont laissé les hommes derrière eux. C’est un jardin que tu dois faire de tes mains, pour te rappeler, pour retrouver les tiens.


(à suivre)


La Parole du Vent, Katia Jaeger, décembre 2007, « Collectif Blessés pour Contes »


par katia jaeger publié dans : Nouvelle(s)
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Mardi 15 janvier 2008
19-01-08bis.jpgdu salon aux toilettes, des chambres aux bains,
de la cave au grenier
, de Naples à Venise...

Samedi 19 janvier 2008

àdixneufheures

Lecture chez Philippe Puigserver
20 rue Julien 69003 LYON
par katia jaeger publié dans : instant entre deux moments
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