Katia Jaeger D. – Lyon

L'Etat de droit

23 Mars 2017, 10:03am

Publié par Katia Jaeger

Dans quelques jours les français voteront, ou pas, lors des élections présidentielles. Puis revoteront ou pas en juin pour les élections législatives. Le désert gagnant ponctue chaque jour la vraie misère du politique, de la politique. Le principe de légalité et de l'égalité moqué comme un serpent de mer par l'engeance autoritaire, petite ou grande. Corruptions, détournements et d'abus de biens sociaux, moeurs aggravées, etc, soldés par non-lieu ou acquittement, renforçant leur sentiment d'impunité.

Ce sont aux citoyens d'exercer, déjà dans leur vie sociale et particulière, ce qu'ils espèrent d'une civilisation, en refusant des comportements d'un autre âge. La France est un pays ancien devenu vieux, mais il est à chacune, chacun d'en faire un endroit héritier des courages passés face à tout obscurantisme en poursuivant le combat au quotidien. Qu'il n'existe nulle minorité que puissent décider des nébuleuses mimétiques du pouvoir politique ou religieux. Refuser tout ce qui exclut, entrave et insulte, déjà dans le langage commun. Déréaliser radicalement l'exercice de la domination et sa tentative de contrainte physique, psychique, idéologique. Plus largement, voir en les "élus", imités par les fausses élites de la petite semaine, des personnels politiques passagèrement mandatés pour respecter une démocratie où seul le peuple est souverain.

Horizontaliser.

Il y aurait cinq candidats majeurs pour ces présidentielles.

Benoît Hamon ressemble et parle comme un ami que j'aimerais avoir. Ce qui ne préfigure pas d'ambition nationale, mais de belles soirées conviviales.

Jean-Luc Mélenchon, tribun théâtral au narcisse cinématographique alors que Jean Gabin a déjà joué Le Président dans un opus d'Henri Verneuil. De bonnes idées que massacreraient son manque de sang froid et sa vanité.

Emmanuel Macron, entre marketing et jésuitisme, imagine la France comme une page de pub. Lui reconnaitre cependant sa jeunesse, sa connaissance d'autres cultures de pensée et une certaine curiosité que les autres n'ont pas.

François Fillon, n'en parlons plus. A part lui, personne ne comprend qu'il soit encore candidat.

Marine Le Pen, son extrémisme et sa caricature pourraient solder les vieux comptes de notre histoire Vichyste : un dernier acte pour en finir. Elle a le "talent" de la propagande et de décomplexer ses émules au repli sur soi. Par ailleurs, le fait que ce soit une femme pourrait étendre une symbolique figurée à l'achèvement du patriarcat. Un grand final pour enfin passer le cap.

Voter blanc n'est toujours pas possible dans ce pays aux libertés fondamentales, parfois je me dis que pour respecter le droit de vote acquis péniblement, il vaudrait presque mieux de ne pas voter pour exprimer sa liberté d'expression. Comme il se peut, par ailleurs, qu'un tout "petit" candidat, silencieux et bienveillant, soit le lauréat de cette triste campagne médiatique. Il faudrait un événement, inédit, imprévu,  surprenant.

 

En attendant,

Ubu et Kafka nous souhaiteraient presque bien du courage.

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